« J’ai doublé la taille de mes vergers avec l’appui de partenaires »
Pour consolider la taille de son exploitation, Romain Borel a fait appel à Terre Adonis. Cette structure a acheté les terres et lui a donné à bail pour une durée de sept ans.
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Romain Borel a changé d’échelle. En 2022, ce jeune arboriculteur, aujourd’hui âgé de 35 ans, a basculé de 12 à 30 hectares de vergers situés à Monêtier-Allemont (Hautes-Alpes). Il s’est agrandi en reprenant les terres de son voisin sur le départ à la retraite. Montant de l’investissement : 550 000 €. « Seul, je n’y serai jamais arrivé », confie-t-il.
Sur les conseils du directeur d’Alpes Coop Fruits, sa coopérative, il s’est rapproché de Terre Adonis. Cette société coopérative d’intérêt collectif (Scic), créée par la Safer Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Coopération Agricole Sud et la Région Sud, accompagne des agriculteurs souhaitant s’installer ou consolider leurs exploitations. « Terre Adonis a réalisé l’achat des terres en réunissant plusieurs partenaires », indique Frédéric Cordier, chargé de mission à la Coopération Agricole Sud.
Implication de la coopérative
Alpes Coop Fruit a financé 23 % du projet, tandis que la Safer a investi une part équivalente. Charles & Alice, client de la coopérative, a également contribué à hauteur de 15 %. Le Canal de Provence et le Crédit Agricole sont aussi intervenus dans le montage financier. De son côté, Romain Borel a financé 10 % du prix de la vente avec l’appui des banques. Pour consolider sa situation financière et solder ses dettes avant l’opération, il a fait évoluer le statut de son exploitation : jusque-là en nom propre, celle-ci est passée en SAS. Cette nouvelle structure a racheté les vergers ainsi que le matériel.
Engagement à racheter le foncier
Les terres lui ont été données à bail pour une durée de sept ans. À l’issue de ce délai, il s’engage à les racheter. « Les deux premières années ont été difficiles, reconnaît-il. En doublant la superficie, les frais de taille, de récolte, de pose des filets contre le gel… ont augmenté. Rien que pour la cueillette, les équipes ont été multipliées par deux : 40 personnes. La première année, il a fallu avancer les dépenses en puisant dans notre trésorerie. »
En 2023, l’arboriculteur a en outre embauché un salarié à temps plein. « En face, les volumes récoltés sont très aléatoires, d’une année sur l’autre, et les cours volatils, renchérit-il. Heureusement, le climat a été favorable en 2025, même s’il y a eu beaucoup de ravageurs. » Malgré ces aléas, la récolte est au rendez-vous : 1 200 tonnes ont été produites. « Depuis deux ans, les bilans sont bons, nous commençons à respirer », se félicite-t-il.
Rénover son verger
Toutefois, s’il veut maintenir le cap, il doit sécuriser sa récolte. Aujourd’hui, un tiers de son verger bénéficie d’une protection antigel. Insuffisant selon lui. Il compte sur ses bons résultats pour obtenir l’appui des banques. Autre levier, le renouvellement et la diversification variétale de son verger majoritairement planté avec de la pomme Golden. Sur des parcelles déjà arrachées, Romain Borel a replanté deux hectares de poires Williams, deux hectares de Gala et deux hectares de Pink Lady. Il a bénéficié de l’aide de la coopérative qui a pris en charge 70 % de l’enveloppe. D’après ses calculs, il lui reste encore une quinzaine d’hectares à rénover dans les prochaines années.
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